L’instabilité rotulienne, souvent causée par des luxations ou des subluxations répétées de la rotule, est une pathologie qui peut altérer significativement la qualité de vie. Elle se manifeste par des douleurs, un sentiment d’instabilité du genou, voire des épisodes de dérobement. Heureusement, des traitements efficaces existent pour stabiliser la rotule et restaurer une mobilité fonctionnelle.
Découvrez avec le Dr Gastaud les solutions pour traiter l’instabilité rotulienne et les perspectives d’avenir pour les patients concernés.
Qu’est-ce que l’instabilité rotulienne ?
L’instabilité rotulienne désigne une perte de stabilité de la rotule, également appelée “patella”, dans son axe naturel. Normalement, la rotule se déplace dans une gouttière osseuse (la trochlée) lors des mouvements de flexion et d’extension du genou. En cas d’instabilité, elle peut se décaler latéralement, entraînant des luxations (déplacement complet) ou des subluxations (déplacement partiel).
Les causes de cette instabilité sont variées et incluent :
- Une dysplasie trochléenne : déformation ou aplatissement de la gouttière osseuse.
- Une hyperlaxité ligamentaire : fragilité des ligaments qui maintiennent la rotule en place.
- Un trouble de l’alignement des membres inférieurs : comme un genu valgum (jambes en X).
- Une rotule haute (patella alta)qui aura du mal à s’engager dans la gorge de la trochlée au passage en flexion.
- Des traumatismes répétés : souvent associés à des activités sportives..
- Une faiblesse musculaire notamment du quadriceps sur sa partie interne, véritable hauban stabilisateur.
Symptômes associés
Les patients atteints d’instabilité rotulienne rapportent généralement :
- Une sensation de dérobement ou d’insécurité du genou.
- Des douleurs à l’avant du genou, exacerbées lors de la montée ou descente des escaliers.
- Une rotule qui “sort de sa place” après certains mouvements.
- Un gonflement ou une raideur après un épisode de luxation.
Différentes formes d’instabilité rotulienne
- Instabilité rotulienne douloureuse (syndrome rotulien): aucune anomalie de morphologie n’est dépistée et aucune luxation de la rotule n’est jamais survenue.
- Instabilité rotulienne potentielle: le patient ressent une instabilité sans jamais avoir eu de vraie luxation. Le bilan retrouve des anomalies morphologiques (rotule haute, dysplasie de trochlée…)
- Instabilité rotulienne objective: le patient a présenté des luxations de rotule (un ou plusieurs épisodes) et ressent une instabilité.
Le bilan à réaliser
Radiographies standard avec souvent un statigramme, c’est-à- dire une radio des deux jambes en entier pour évaluer les axes et les déformations.
Scanner du genou spécifique sans injection, pour évaluer certains paramètres (TA-GT, bascule rotulienne).
IRM du genou pour évaluer la souffrance du cartilage, et voir si il y a une lésion du rétinaculum patellaire externe
Les traitements pour l’instabilité rotulienne
Traitements non chirurgicaux
Dans la grande majorité des cas, l’instabilité rotulienne peut être prise en charge sans recours à la chirurgie, notamment lors d’épisodes isolés ou modérés.
- Rééducation fonctionnelle
La rééducation par kinésithérapie est souvent la première étape du traitement. Elle vise à :
- Renforcer les muscles du quadriceps, notamment le vaste médial, pour mieux stabiliser la rotule.
- Améliorer l’équilibre et la proprioception pour limiter les risques de récidive.
- Étirer les structures trop tendues autour de la rotule.
- Rééquilibrer le patient sur le plan musculaire (muscles agonistes et antagonistes)
- Orthèses et bandages
Des genouillères ou orthèses spécifiques peuvent être utilisées pour maintenir la rotule dans sa trajectoire et prévenir les luxations. - Gestion de la douleur et inflammation
Lors des phases douloureuses ou inflammatoires, des anti-inflammatoires et des traitements locaux (comme des poches de glace) peuvent soulager les symptômes.
Les options chirurgicales
Lorsque l’instabilité est sévère, récidivante, ou résistante aux traitements conservateurs, une intervention chirurgicale peut être nécessaire. Cette intervention est dite “à la carte”, c’est-à-dire que le chirurgien réalise la correction du trouble morphologique constaté lors des examens complémentaires. Ces gestes peuvent être réalisés de façon isolée ou associée
- Ostéotomie de la TTA (Tubérosité Tibiale Antérieure)
L’ostéotomie consiste à repositionner une partie de l’os du tibia qui porte le tendon de la rotule pour améliorer l’alignement de la rotule. Elle est souvent utilisée pour corriger les troubles d’alignement sévères. Elle consiste à abaisser et médialiser la TTA pour recentrer la rotule. - Ligamentoplastie du MPFL (ligament patello-fémoral médial)
Cette technique consiste à reconstruire ou renforcer le ligament patello-fémoral médial, qui stabilise la rotule sur le côté interne. Cette intervention est souvent réalisée en cas de luxations répétées. - Section de l’aileron externe
Cette intervention, qui peut être réalisée sous arthroscopie (vidéo chirurgie) vise à détendre les structures trop tendues du côté externe de la rotule, permettant ainsi un recentrage naturel. Elle est peu risquée et corrige des troubles morphologiques modérés. - Trochléoplastie
En présence d’une dysplasie trochléenne, une trochléoplastie peut être réalisée. Cette intervention très rarement réalisée car difficile techniquement et susceptible de donner de lourdes complications, consiste à remodeler la gouttière trochléenne pour mieux guider la rotule dans ses mouvements.
Quelle intervention choisir ?
Le choix de la technique chirurgicale dépend de nombreux facteurs : l’origine de l’instabilité, l’anatomie du patient, son âge, et son niveau d’activité. Le Dr Gastaud évalue chaque cas individuellement pour proposer le traitement le mieux adapté.
Perspectives après traitement
Récupération post-opératoire
Après une intervention chirurgicale pour instabilité rotulienne, la récupération suit généralement les étapes suivantes :
- Immobilisation temporaire : souvent avec une attelle, pour protéger le genou.
- Rééducation progressive : dès les premières semaines, avec un focus sur la récupération de l’amplitude articulaire et le renforcement musculaire.
- Retour aux activités sportives : possible entre 3 et 6 mois, selon la gravité initiale et le type de chirurgie.
Résultats attendus
Les traitements chirurgicaux de l’instabilité rotulienne offrent d’excellents résultats pour la majorité des patients, avec :
- Une réduction significative des épisodes de luxation.
- Une amélioration de la stabilité du genou.
- Une reprise des activités quotidiennes et sportives sans douleur ni appréhension.
Prévenir les récidives
Pour limiter le risque de récidive après traitement, quelques bonnes pratiques peuvent être adoptées :
- Poursuivre une activité physique régulière pour entretenir la musculature du genou.
- Éviter les sports à fort impact ou sollicitant excessivement la rotule (comme les sports de pivot).
- Maintenir un poids stable pour réduire la pression sur l’articulation.
Consultez le Dr Gastaud pour un diagnostic précis
Si vous souffrez de douleurs ou d’instabilité au niveau de la rotule, il est essentiel de consulter un spécialiste pour un diagnostic précis et un traitement adapté. Le Dr Gastaud, expert en chirurgie orthopédique, vous accompagne dans la prise en charge de votre instabilité rotulienne avec des solutions personnalisées et efficaces.
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