La pose d’une prothèse de genou est une intervention fiable, visant à restaurer la mobilité et soulager les douleurs liées à l’arthrose ou à d’autres pathologies articulaires. Cependant, comme pour toute chirurgie, des complications peuvent survenir, et parmi elles, l’infection précoce est l’une des plus redoutées. Bien que rare, elle nécessite une prise en charge rapide pour préserver le bon fonctionnement de la prothèse.

Le Dr Gastaud vous explique comment reconnaître les signes d’alerte, quels examens permettent de poser le diagnostic et quelles sont les options de traitement.

Qu’est-ce qu’une infection précoce de prothèse de genou ?

On parle d’infection précoce lorsqu’une contamination bactérienne survient dans les 3 mois suivant l’implantation de la prothèse. Elle peut être liée à l’environnement opératoire, à des facteurs de risque individuels (diabète, obésité, immunodépression), ou à des bactéries présentes dans l’organisme qui se fixent sur l’implant.

Cette infection touche les tissus autour de la prothèse (capsule, synoviale, os) et peut rapidement évoluer si elle n’est pas détectée à temps.

Quels sont les signes d’une infection de prothèse de genou ?

Il est essentiel pour le patient de reconnaître les premiers signes d’une éventuelle infection. Voici les symptômes les plus fréquents :

1. Rougeur et chaleur autour de la cicatrice

Une inflammation excessive de la zone opérée, persistante au-delà des quelques jours postopératoires habituels, peut être un signe d’infection.

2. Gonflement anormal du genou

Un genou très gonflé, tendu ou douloureux, parfois associé à un épanchement articulaire (présence de liquide), doit être surveillé de près.

3. Douleur importante et inhabituelle

La douleur postopératoire est normale, mais si elle s’aggrave brutalement ou ne diminue pas progressivement avec le temps, cela peut être anormal.

4. Fièvre persistante

Une fièvre au-dessus de 38°C, notamment au-delà de la première semaine postopératoire, doit faire l’objet d’une vigilance particulière.

5. Écoulement par la cicatrice

La présence d’un liquide clair, purulent ou sanglant qui s’échappe de la plaie est un signal d’alerte majeur.

Quels examens permettent de confirmer le diagnostic ?

En cas de suspicion d’infection, il faut rapidement appeler le cabinet, où se rendre dans un centre de permanence des soins en cas de non réponse (maison médicale, service d’accueil des urgences). Dès qu’il en sera informé, le Dr Gastaud vous convoquera et prescrira plusieurs examens pour identifier la cause :

  • Prise de sang : recherche d’un syndrome inflammatoire (CRP, VS, numération des globules blancs). 
  • Ponction articulaire : prélèvement de liquide dans l’articulation pour analyse bactériologique. 
  • Imagerie médicale : une radiographie peut parfois montrer des signes de décollement de la prothèse ; un scanner ou une scintigraphie peuvent compléter l’évaluation. 
  • Culture de la plaie ou du liquide articulaire : pour identifier la bactérie responsable et adapter le traitement antibiotique. 

Quels sont les traitements en cas d’infection précoce ?

Le traitement dépend du type de bactérie, de la gravité de l’infection et du temps écoulé depuis l’intervention.

Traitement médical

Dans certains cas très précoces, une antibiothérapie adaptée peut suffire si l’infection est localisée et sans atteinte de la prothèse elle-même.

Traitement chirurgical conservateur (DAIR)

Lorsque l’infection est bien identifiée rapidement, une chirurgie dite DAIR (Débridement, Antibiotics and Implant Retention) peut être proposée. Elle consiste à :

  • Nettoyer chirurgicalement les tissus infectés 
  • Remplacer les pièces mobiles de la prothèse si nécessaire 
  • Instaurer une antibiothérapie ciblée 

Cette solution permet de conserver la prothèse si l’infection est traitée à temps.

Changement de prothèse

Dans les cas plus avancés, une réintervention plus lourde peut être nécessaire avec retrait de la prothèse et pose d’un espaceur temporaire, suivi d’un remplacement de prothèse après éradication de l’infection. Dans d’autres cas, il est possible de changer la prothèse au cours de la même intervention, il s’agit d’une dépose repose soit deux interventions couplées en une (2 temps en un).

Peut-on prévenir ce type d’infection ?

Oui, la prévention joue un rôle clé. Le Dr Gastaud applique des protocoles stricts avant, pendant et après l’intervention :

  • Consultation et équilibrage des pathologies sous-jacentes (diabète, infection dentaire, autres infections éventuelles)
  • Antibiotiques préventifs avant la chirurgie 
  • Hygiène rigoureuse du patient et du bloc opératoire 
  • Dépistage de foyers infectieux (dents, peau, infections urinaires) 
  • Surveillance du patient en post-opératoire 

De votre côté, il est important de signaler tout antécédent infectieux, de respecter les consignes de pansement et d’hygiène données après l’intervention, et de suivre votre traitement en cas de pathologie chronique (diabète, etc.).

Être attentif pour mieux réagir

Une infection précoce de prothèse de genou est une complication sérieuse mais généralement évitable et traitable si elle est détectée rapidement. Une bonne information du patient, une surveillance adaptée et une réactivité médicale sont les clés pour limiter les conséquences sur la prothèse et la qualité de vie.

👉 Consultez le Dr Gastaud sur Doctolib pour tout symptôme inhabituel après une chirurgie de prothèse de genou.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *