Le tabagisme, largement reconnu pour ses effets néfastes sur la santé générale, présente également des risques spécifiques dans le contexte de la chirurgie orthopédique. Ces risques accrus ne sont pas substantiels et augmentent de façon drastique les risques de certaines complications majeures dans le cadre de la chirurgie osseuse. Si dans le cadre de l’urgence (fractures, traumatologie générale), le patient est fumeur, l’arrêt immédiat augmentera ses chances de guérison. En chirurgie programmée, l’arrêt du tabac est prévisible, et doit être réalisé pour maximiser les chances de réussite de l’intervention. Toute diminution de consommation est déjà bénéfique, et le vapotage encouragé si il permet d’arriver à stopper le tabac. C’est la nicotine qui est néfaste. 

 

Le Dr Gastaud met en lumière les conséquences du tabac sur la guérison post-opératoire et souligne l’importance d’arrêter de fumer avant une intervention chirurgicale.

 

Les risques du tabagisme en chirurgie orthopédique

 

  • Infection

Le tabagisme double le risque d’infection post-opératoire. Des études ont montré que les fumeurs sont nettement plus susceptibles de développer des complications infectieuses après une chirurgie, affectant ainsi le processus de guérison.

 

  • Cicatrisation

Les fumeurs rencontrent davantage de difficultés en matière de cicatrisation. En chirurgie dermatologique, le risque est multiplié par six, et en chirurgie orthopédique du pied, il est cinquante fois plus élevé.

 

  • Consolidation

Le tabagisme affecte également la consolidation osseuse. Par exemple, une fracture du scaphoïde opérée présente trois fois plus d’échecs de consolidation chez les fumeurs, et la guérison d’une fracture de jambe peut prendre deux fois plus de temps. En chirurgie programmée, la réalisation d’une butée de l’épaule pour des luxations récidivantes comporte 6 à 7 fois plus de risques d’échouer chez un patient fumeur.

 

  • Complications vitales

Au-delà des complications locales, le tabagisme augmente significativement le risque de complications cardio-pulmonaires majeures et la probabilité de nécessiter des soins intensifs après une chirurgie d’arthroplastie.

 

L’importance d’arrêter de fumer avant la chirurgie

 

Arrêter de fumer au moins quatre semaines avant une intervention chirurgicale peut réduire de manière significative les risques de complications. Un an après avoir arrêté de fumer, le risque de maladie cardiaque est réduit de moitié, bien qu’il faille jusqu’à quinze ans pour que le risque atteigne celui d’un non-fumeur.

 

Conseils pour arrêter de fumer

 

Le Dr Gastaud recommande de consulter un médecin tabacologue pour évaluer votre niveau de dépendance et déterminer le traitement le plus adapté. Il existe plusieurs options pour gérer le sevrage tabagique et éviter la sensation de manque, facilitant ainsi l’arrêt du tabac. Quelques informations importantes:

 

  • réduire est mieux que ne rien faire
  • le vapotage sans nicotine, si il permet d’arrêter le tabac, doit être encouragé
  • arrêter un mois avant
  • en cas de reprise, (même si cela n’est pas souhaitable), nous recommandons au moins 3 mois après la chirurgie.

 

Le tabagisme présente des risques significatifs pour les patients subissant une chirurgie orthopédique. Le Dr Gastaud souligne l’importance de prendre conscience de ces risques et encourage vivement les patients à arrêter de fumer avant toute intervention. 

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